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« Florence Easton » : différence entre les versions

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|nationalité=[[Royaume-Uni|Britannique]]
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'''Florence Easton''' (25 octobre 1882 – 13 août 1955) est une célèbre dramatique [[soprano]] anglaise du début du 20e siècle. Elle a été l'une des plus polyvalentes chanteuses de tous les temps. Elle a chanté plus de 100 pièces, couvrant un large éventail de styles et d'époques, [[Wolfgang Amadeus Mozart|Mozart]], [[Giacomo Meyerbeer|Meyerbeer]], [[Charles Gounod|Gounod]], [[Giuseppe Verdi|Verdi]], [[Richard Wagner|Wagner]], [[Giacomo Puccini|Puccini]], [[Richard Strauss|Strauss]], [[Franz Schreker|Schreker]] et [[Ernst Křenek|Krenek]]. Elle a chanté pratiquement chaque partie de soprano, grandes ou petites, de Wagner, comme Senta  ou notamment Brünhilde du ''[[Le Crépuscule des dieux (opéra)|crépuscule des dieux]]''.
'''Florence Gertrude Easton'''<ref group="N">Ne pas confondre avec la soprano {{Lien|Florence Easton (1890s soprano)}}, chanteuse et actrice britannique qui a chanté avec la ''D'Oyly Carte ◊ Company'' au début des [[années 1890]].</ref> ({{date-|25 octobre 1882}}<ref group="N">De nombreuses biographies indiquent 1884 comme date de naissance incorrecte</ref>{{date-|13 août 1955}}) est une [[soprano]] britannique du début du {{s-|20}}, connue professionnellement comme {{Citation|Le Rossignol de [[South Bank]]}}<ref name=":1">{{Lien web |langue=en-US |nom=admin9480 |titre=Florence Easton 1882-1955 |url=https://arslyrica.fr/?p=8501 |site=ArsLyrica.fr |date=2020-11-23 |consulté le=2022-01-13}}</ref>. Elle a été l'une des chanteuses les plus polyvalentes de tous les temps. Elle a chanté un vaste répertoire de plus de {{nombre|100|pièces}}, couvrant un large éventail de styles et d'époques, [[Wolfgang Amadeus Mozart|Mozart]], [[Giacomo Meyerbeer|Meyerbeer]], [[Charles Gounod|Gounod]], [[Giuseppe Verdi|Verdi]], [[Richard Wagner|Wagner]], [[Giacomo Puccini|Puccini]], [[Richard Strauss|Strauss]], [[Franz Schreker|Schreker]] et [[Ernst Křenek|Krenek]]. Elle a chanté pratiquement chaque partie de soprano, grandes ou petites, de Wagner, comme [[Der Fliegende Holländer|Senta]] ou Brünhilde du ''[[Le Crépuscule des dieux (opéra)|Crépuscule des dieux]]'' notamment<ref>{{Ouvrage|langue=en|prénom1=Harriette|nom1=Brower|titre=Vocal Mastery: Talks with Master Singers and Teachers, Comprising Interviews with Caruso, Farrar, Maurel, Lehmann, and Others|éditeur=Good Press|date=2019-11-25|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=jyTDDwAAQBAJ&pg=PT123&dq=Florence+Easton&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwirm_-12f_oAhUyrXEKHZMTB80Q6AEIKDAA#v=onepage&q=Florence%20Easton&f=false|consulté le=2021-04-13}}</ref>.


Elle se décrit comme une soprano "lyrique dramatique", ce qui semble à peine adéquat à l'égard de la gamme de types de rôle dans lesquels elle excellait. Sa grande réputation internationale, principalement en Allemagne et en Amérique du Nord, a été presque unique pour un chanteur britannique de cette époque. Elle pouvait passer facilement toutes les étapes, de la [[coloratura]] légère aux Hochdramatische, du romantisme féminin au puissant drame wagnérien et straussien. La voix pouvait être légère et aérienne, doucement mélancolique ou intensément passionnée. L'implication dans le caractère du rôle était totale. John Steane a suggéré que "Cette grande force était aussi, étrangement, une source de faiblesse. Elle a chanté tellement de rôles qu'elle ne s'est jamais vraiment identifiée à aucun de ceux-ci". Malgré sa diction italienne souvent suspecte, elle fut choisie par Puccini pour créer Lauretta dans son opéra de 1917 ''Gianni Schicchi.''
Elle se décrit comme une [[soprano lyrique]] dramatique, ce qui semble à peine adéquat eu égard aux types de rôles dans lesquels elle excellait. Sa grande réputation internationale, principalement en Allemagne et en [[Amérique du Nord]], a été presque unique pour une chanteuse britannique de cette époque. Elle pouvait passer facilement toutes les étapes, de [[coloratura]] légère à « Hochdramatische », du romantisme féminin au puissant drame wagnérien et straussien. La voix pouvait être légère et aérienne, doucement mélancolique ou intensément passionnée. L'implication dans le caractère du rôle était totale. {{Lien|J. B. Steane}} a suggéré que {{Citation|Cette grande force était aussi, étrangement, une source de faiblesse. Elle a chanté tellement de rôles qu'elle ne s'est jamais vraiment identifiée à aucun de ceux-ci}}<ref>{{Lien web |langue=en |titre=Florence Easton |url=https://www.opera-arias.com/singers/florence-easton/ |site=Opera-Arias.com |consulté le=2021-04-13}}</ref>. Malgré sa diction italienne souvent suspecte, elle fut choisie par [[Puccini]] pour créer Lauretta dans son opéra de [[1917 en musique classique|1917]] ''[[Gianni Schicchi]]''


Il n'y a pas de liaison entre Florence Easton et le chanteur Robert Easton, né en 1898 à [[Sunderland]].
Il n'y a pas de lien entre Florence Easton et le chanteur Robert Easton, né en 1898 à [[Sunderland]].


== Biographie ==
== Biographie ==

=== Jeunesse ===
=== Jeunesse ===
'''Florence Easton''' est la fille aînée de John Thomas Easton et d'Isabella Yarrow, et la nièce de Fletcher Easton. Connue professionnellement comme " le rossignol de South Bank", elle est née le 25 octobre 1882 au 52 Napier Street, South Bank, [[Middlesbrough]] (de nombreuses biographies indique 1884 comme date de naissance incorrecte). Ses parents quittent l'Angleterre quand elle a 5 ans et s'installent à Florence (on l'appelle alors Flossie) et son frère cadet à [[Toronto|Toronto, Ontario]], Canada. Flossie chante dans le chœur de de l'église méthodiste de Parkdale, où son père est maître de chapelle et sa mère organiste. Son talent musical est devenu évident dans sa petite enfance et elle a pris des leçons de piano, d'orgue et de chant avec JDA Tripp et M. Harrison. Elle apparaît en public au piano à 8 ans.
Florence Easton est la fille aînée de John Thomas Easton et d'Isabella Yarrow, et la nièce de Fletcher Easton, elle est née le {{date|25 octobre 1882|en musique classique}} au 52 Napier Street, [[South Bank]], [[Middlesbrough]]<ref name=":1" />. Ses parents quittent l'Angleterre quand elle a {{nombre|5|ans}} et s'installent avec Florence (Flossie) et son jeune frère à [[Toronto]], en [[Ontario]], au Canada. Flossie chante dans le chœur de l'église méthodiste de [[Parkdale (Toronto)|Parkdale]], où son père est [[maître de chapelle]] et sa mère organiste<ref name=":0">{{Lien web |titre=Florence Easton {{!}} The Canadian Encyclopedia |url=https://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/florence-easton-emc |site=www.thecanadianencyclopedia.ca |consulté le=2022-01-12}}</ref>. Son talent musical est devenu évident dans sa petite enfance et elle a pris des leçons de piano, d'orgue et de chant avec JDA Tripp et M. Harrison. Elle apparaît en public au piano à {{nombre|8|ans}}.


Elle a dit ''"J'ai commencé en tant que pianiste et je n'avais pas l'idée de chanter, encore moins de l'opéra, lorsque j'ai commencé l'étude de la musique". '' Florence est l'une des premières femmes à être nommée membre de l' [[Royal Academy of Music (école de musique)|Académie Royale de Musique]] le 25 Mars 1909.
Elle a dit {{Citation|J'ai commencé en tant que pianiste et je n'avais pas l'idée de chanter, encore moins de l'opéra, lorsque j'ai commencé l'étude de la musique}}. Florence est l'une des premières femmes à être nommée membre de la [[Royal Academy of Music (école de musique)|Royal Academy of Music]] le {{date|25 mars 1909|en musique classique}}.


Quand sa mère meurt en 1899, Florence retourne avec son père à Middlesbrough, où il rejoint une entreprise de vente de fruits en gros avec William Henry Easton et Fletcher Easton, son frère. Une collecte à Middlesbrough recueille assez d'argent pour elle aller étudier pendant un an à l' [[Royal Academy of Music (école de musique)|Académie Royale de Musique]] de Londres, elle perd l'argent le premier jour dans la capitale, son père trouver des fonds de remplacement. Elle commencé en mai 1900 et étudie le chant pendant un an. Le recensement de 1901, la montre à 18 ans, étudiant à l'Académie Royale de Musique et vivant à [[Hendon|Hendon, Middlesex]].
Quand sa mère meurt en 1899, Florence retourne avec son père à [[Middlesbrough]], où celui-ci rejoint un partenariat dans une entreprise de vente de fruits en gros avec William Henry Easton, son père et Fletcher Easton, son frère. Une collecte à Middlesbrough recueille assez d'argent pour elle aller étudier pendant un an à la [[Royal Academy of Music (école de musique)|Royal Academy of Music]] de Londres. Elle perd son argent le premier jour dans la capitale et son père doit trouver des fonds de remplacement. Elle commence en mai [[1900 en musique classique|1900]] a étudié le chant pendant un an. Le recensement de 1901 la montre en tant qu'étudiante de {{nombre|18|ans}} à la Royal Academy of Music, vivant à [[Hendon|Hendon, Middlesex]], dans le [[Middlesex]].


En [[1901 en musique classique|1901]], elle se rend à Paris pour étudier le chant avec Elliott Haslam, un ami de son père<ref name=":0" />.
En 1901, elle rend à Paris pour étudier le chant avec Elliott Haslam, un ami de son père. ''"Mais peu de temps après, mon père mourut et mes grands-parents, qui avaient de bonnes idées démodées, pensaient que l'endroit où chanter pour une femme était à la maison, découragèrent mes efforts. Ils ont même porté le paternalisme assez loin pour choisir un mari pour moi. Une fois ce point atteint, j'ai discrètement disparu et je suis retourné à mon travail vocal".''


=== Carrière professionnelle ===
=== Carrière professionnelle ===
Florence est déterminée, et fait ses débuts à l'opéra dans le rôle du Berger dans ''[[Tannhäuser (opéra)|Tannhäuser]]'' à [[Newcastle upon Tyne]] en 1903 avec le Moody-Manners Opera Company. Le premier soir de la saison à [[Royal Opera House|Covent Garden]] , elle chante Stephano dans ''[[Roméo et Juliette (Gounod)|Roméo et Juliette]]''. Son premier rôle important à Covent Garden Opera House est Arline dans ''Le quartier Bohème de Fille'', puis obtient du succès, en 1903, dans ''[[Madame Butterfly|Madama Butterfly]]''.
Florence est déterminée, et fait ses débuts à l'opéra dans le rôle du berger dans ''[[Tannhäuser (opéra)|Tannhäuser]]'' à [[Newcastle upon Tyne]] en [[1903 en musique classique|1903]] avec la ''Moody-Manners Opera Company'' de {{Lien|Charles Manners (bass)}}. Le premier soir de la saison à [[Royal Opera House|Covent Garden]], elle chante Stephano dans ''[[Roméo et Juliette (Gounod)|Roméo et Juliette]]''. Son premier rôle important à [[Royal Opera House]] à [[Covent Garden]] est Arline dans ''[[The Bohemian Girl]]'' de [[Michael William Balfe|Balfe]], puis elle obtient le succès en [[1903 en musique classique|1903]], dans ''[[Madame Butterfly]]''<ref>{{Ouvrage|langue=en|prénom1=Harriette|nom1=Brower|prénom2=James Francis|nom2=Cooke|titre=Great Singers on the Art of Singing|éditeur=Courier Corporation|date=1996-01-01|isbn=978-0-486-29190-1|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=yqhEt4jV2YwC&pg=PA45&dq=Florence+Easton&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwirm_-12f_oAhUyrXEKHZMTB80Q6AEIQTAD#v=onepage&q=Florence%20Easton&f=false|consulté le=2021-04-13}}</ref>.


Florence s'est marié deux fois; en mai 1904, elle épouse François Maclennan (1873-935), un ténor américain de la Moody-Manners Opera Company. Elle fait ses débuts américains, dans le rôle de Gilda dans ''[[Rigoletto]]'' à [[Baltimore]] avec l'English Grand Opera Company d'Henry W. Savage anglaise en novembre 1905, et elle chante un certain nombre de rôles avec cette compagnie aux états-unis au Canada au cours des 2 années suivantes. En 1905, Maclennan tient le rôle-titre de Parsifal dans la tourné en amerique d'Henry W. Savage de Parsifal  et Florence abandonne sa carrière de chanteuse pour s'installer en Amérique. Ils ont un fils en 1906 et une fille, Wilhelmina, en 1912; ils divorcent en 1928. Wilhelmina est morte dans l'épidémie de grippe espagnole de 1919.
Florence s'est mariée deux fois ; en {{date-|mai 1904}}, elle épouse {{Lien|fr=Francis Maclennan|lang=de}} (1873-1935), un ténor américain de la Moody-Manners Opera Company<ref name=":0" />. Elle fait ses débuts américains, dans le rôle de Gilda dans ''[[Rigoletto]]'' à [[Baltimore]] avec l'English Grand Opera Company de {{Lien|Henry Wilson Savage}} en novembre [[1905 en musique classique|1905]], et elle chante un certain nombre de rôles avec cette compagnie aux États-Unis et au Canada au cours des deux années suivantes. En [[1905 en musique classique|1905]], Maclennan tient le rôle-titre de ''[[Parsifal (opéra)|Parsifal]]'' dans la tournée américaine de Henry W. Savage. et Florence abandonne sa carrière de chanteuse pour s'installer en Amérique. Ils ont un fils en 1906 et une fille, Wilhelmina, en 1912 ; ils divorcent en 1928. Wilhelmina est morte lors de l'épidémie de [[grippe espagnole]] de [[1919 aux États-Unis|1919]].


Son premier succès notable en Amérique vient lors de la saison 1906-1907, dans le rôle de Cio-Cio-San dans la première en anglais de ''[[Madame Butterfly|Madama Butterfly]]'' . Sa représentation du 27 octobre 1906 est la deuxième aux Etats-Unis, suivant celle d'Elsa Szamosy de seulement douze jours. Florence a le record mondial avec plus de trois cents apparitions dans Madame Butterfly, son rôle préféré.
Son premier succès notable en Amérique vient lors de la saison [[1906 en musique classique|1906]]-[[1907 en musique classique|1907]], dans le rôle de Cio-Cio-San dans la première en anglais de ''[[Madame Butterfly]]''. Sa représentation du {{date|27 octobre 1906|en musique classique}} est la deuxième aux États-Unis, suivant celle d'Elsa Szamosy de seulement douze jours. Florence détient le record mondial avec plus de trois cents apparitions dans Madame Butterfly, son rôle préféré.


De 1907 à 1913, elle et son mari Francis Maclennan sont membres de la troupe du [[Staatsoper Unter den Linden|Berlin Royal de l'Opéra]], chantant de nombreux rôles d'une grande variété. Elle a doit apprendre le rôle de Marguerite en allemand dans un délai de 10 jours, suivi par l'apprentissage et l'exécution de la partie de Aida dans un délai de 48 heures, sans répétition. Elle a immédiatement reçu un contrat de cinq ans. Ils deviennet d'excellents amis de l'empereur Guillaume. Florence est dirigée par [[Richard Strauss]] pour le rôle-titre de la version anglaise d' ''[[Elektra (opéra)|Elektra]]'' à Londres pour la première à Covent Garden en 1910. Après la saison 1912/13 les Maclennan rejoignent l'Opéra de Hambourg Stadtische, et elle chante avec [[Enrico Caruso]] en 1913.
De [[1907 en musique classique|1907]] à [[1913 en musique classique|1913]], elle et son mari Francis Maclennan sont membres de la troupe du [[Staatsoper Unter den Linden]] de Berlin, chantant de nombreux rôles d'une grande variété. Elle doit apprendre le rôle de Marguerite en allemand dans un délai de 10 jours, suivi par l'apprentissage et l'exécution de la partie de ''[[Aida (opera)|Aida]]'' dans un délai de 48 heures, sans répétition. Elle reçoit immédiatement un contrat de cinq ans. Ils deviennent d'excellents amis de l'empereur [[Guillaume II (empereur allemand)|Guillaume II]]. Florence est dirigée par [[Richard Strauss]] pour le rôle-titre de la version anglaise d'''[[Elektra (opéra)|Elektra]]'' à Londres, première à Covent Garden en [[1910 en musique classique|1910]]. Après la saison [[1912 en musique classique|1912]]-[[1913 en musique classique|13]]; les Maclennan rejoignent l'Opéra de Hambourg Stadtische, et elle chante avec [[Enrico Caruso]] en 1913<ref>{{Ouvrage|langue=en|prénom1=Michael|nom1=Scott|titre=The Great Caruso|éditeur=Knopf|date=1988|isbn=978-0-394-53681-1|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=SThQAQAAIAAJ&q=Florence+Easton+caruso&dq=Florence+Easton+caruso&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwi3lLCv2v_oAhWTTxUIHT7ACrEQ6AEITzAF|consulté le=2021-04-13}}</ref>.


En 1915/16 le couple fait des tournées en Amérique où Florence apparait dans une representation unique comme Brünhilde dans ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'', réalisant un grand succès populaire et auprès des critiques. En raison de la guerre, il est trop risqué de retourner en Allemagne, ils restent aux États-unis, et deviennent membres de la troupe de l' Opéra de Chicago, de l'Association où elle fait ses débuts dans Siegfried. Elle restée avec l'Opéra de Chicago, deux saisons, devenant l'une des sopranos les plus connues [[Richard Wagner|Wagnérien]] aux Etats-unis. Elle chante avec la Society of American Singers, à New York en 1916. En 1917, elle rejoint Le [[Metropolitan Opera]] de New York, et  fait ses débuts, le 7 décembre 1917, dans le rôle de Santuzza dans ''[[Cavalleria rusticana|Cavalleria Rusticana]]''. Elle reste au Met 12 saisons, chantant 41 pièces et environ 295 représenations. Pendant cette période à New York, Easton étudie avec Anna E. Schoen-René, un étudiant de [[Pauline Viardot|Pauline Viardot-Garcia]] et [[Manuel García]]<ref>{{en}} Musical Courier, Sept 1, 1921: 37.</ref>.
En [[1915 en musique classique|1915]]-[[1916 en musique classique|16]], le couple fait des tournées en Amérique où Florence apparaît dans une représentation unique comme Brünhilde dans ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'', réalisant un grand succès populaire et auprès des critiques. En raison de la guerre, il est trop risqué de retourner en Allemagne, ils restent aux États-Unis, et deviennent membres de la troupe ''Chicago Opera Association'' où elle fait ses débuts dans Siegfried. Elle reste avec la compagnie de Chicago pendant deux saisons, devenant l'une des sopranos [[Richard Wagner|wagnériennes]] les plus connues aux États-Unis. Elle chante avec la ''Society of American Singers'', à New York en [[1916 en musique classique|1916]]. En [[1917 en musique classique|1917]], elle rejoint Le [[Metropolitan Opera]] de New York, et  fait ses débuts, le {{date-|7 décembre 1917}}, dans le rôle de Santuzza dans ''[[Cavalleria rusticana|Cavalleria Rusticana]]''. Elle reste au Met 12 saisons, chantant 41 pièces et environ 295 représentations. Pendant cette période à New York, Easton étudie avec {{Lien|fr=Anna Schoen-René|lang=de}}<ref name=":0" />, une élève de [[Pauline Viardot|Pauline Viardot-Garcia]] et [[Manuel García]]<ref>{{en}} Musical Courier, Sept 1, 1921: 37.</ref>.


[[File:Florence Easton in "Saint Elizabeth".Photograph by Herman Mishkin.jpg|thumb|Florence Easton dans « Saint Elizabeth ». Photographie de Herman Mishkin]]
C'est son interprétation du rôle de Sainte Elisabeth dans la mise en scène de la version de ''Die Legende von der heiligen Elisabeth'' de Liszt, en 1918, qui la met au premier rang des étoiles du  Metropolitan Opera.
C'est son interprétation du rôle de Sainte Elisabeth dans la mise en scène de la version de ''Die Legende von der heiligen Elisabeth'' de [[Liszt]], en [[1918 en musique classique|1918]], qui la met au premier rang des étoiles du Metropolitan Opera.
[[Fichier:EastonGianniSchicchi.jpg|droite|vignette|Florence Easton comme Lauretta à la première mondiale de ''Gianni Schicchi'', 14 décembre 1918.]]
[[Giacomo Puccini]] écrit un trio d'opéras nommé ''[[Il trittico]]'' composé de ''[[Il tabarro]]'', ''[[Suor Angelica]]'' et ''[[Gianni Schicchi]]''. Florence créé le rôle de Lauretta à la première mondiale de Puccini1s ''Gianni Schicchi'' , le 14 décembre 1918 au Metropolitan Opera, New York; elle est la première à chanter le célèbre air "[[O mio babbino caro]]" ("O Mon bien-Aimé Papa"). Puccini ne peut se rendre à New York pour la première, le directeur général du Met Giulio Gatti-Casazza envoit un télégramme à Puccini, après l'exécution de la Trittico:


[[Fichier:EastonGianniSchicchi.jpg|droite|vignette|Florence Easton dans le rôle de Lauretta à la première mondiale de ''Gianni Schicchi'', 14 décembre 1918.]]
''"Très heureux d'annoncer le complet succès authentique du Trittico. À la fin de chaque opéra, de longues manifestations très sincères, plus de quarante chauds rappels. En dépit de l'avis public interdisant les rappels, l'aria de Lauretta étaient répété. Force principale Moranzoni magnifique. Farrar, Muzio, Easton, De Luca, Montesanto, Didur chanteurs et acteurs incomparables. La presse quotidienne confirme le succès en s'exprimant très favorablement sur la valeur des opéras pour Schicchi".''
[[Giacomo Puccini]] écrit un trio d'opéras nommé ''[[Il trittico]]'' composé de ''[[Il tabarro]]'', ''[[Suor Angelica]]'' et ''[[Gianni Schicchi]]''. Florence créé le rôle de Lauretta à la première mondiale de ''Gianni Schicchi'', le {{date|14 décembre 1918|en musique classique}} au Metropolitan Opera de New York; elle est la première à chanter le célèbre air « [[O mio babbino caro]] » (« O Mon bien-Aimé Papa »). Puccini ne peut se rendre à New York pour la première, le directeur général du Met [[Giulio Gatti-Casazza]] envoie un télégramme à Puccini, après l'exécution de ''la Trittico'' :


« Très heureux d'annoncer le complet succès authentique du Trittico. À la fin de chaque opéra, de longues manifestations très sincères, plus de quarante chauds rappels. En dépit de l'avis public interdisant les rappels, l'aria de Lauretta étaient répété. Force principale Moranzoni magnifique. [[Geraldine Farrar|Farrar]], [[Claudia Muzio|Muzio]], Easton, [[Giuseppe De Luca (chanteur)|De Luca]], {{Lien|trad=Luigi Montesanto|lang=it|fr=Luigi Montesanto|texte=Montesanto}}, [[Adam Didur|Didur]] chanteurs et acteurs incomparables. La presse quotidienne confirme le succès en s'exprimant très favorablement sur la valeur des opéras pour Schicchi ».
Elle chante plusieurs autres premiers rôles, y compris Aelfrida dans [[Deems Taylor|Juge Taylor]]'s ''Du Roi Suppôt'' le 17 février 1927 et la Mère Tyl dans [[Albert Wolff (musicien)|Wolff]]' ''L'oiseau bleu''. Elle est  également en vedette dans de nombreux premieres américainnness, dont ''La cena delle beffe'', ''[[Così fan tutte]]'' et ''[[Der Rosenkavalier]]''. Son répertoire comprend plus de 100 rôles en 4 langues. Elle apparait avec [[Fédor Chaliapine|Chaliapine]], bassiste et chanteur de grande renommée, et aussi avec le célèbre [[Enrico Caruso]] lors de sa dernière repésenatation, la veille de Noël 1920, quand elle  joue Rachel, et lui Éléazar dans [[Halévi|Halevy]]'s ''[[La Juive]]''. En 1926, elle gagne 800 $ pour chaque représentation de ''[[Turandot]]''. En 1929, elle chante sa dernière première pour le Métropolitain, [[Otto Hermann Kahn|Otto Kahn]]'s la mise en scène de l'opéra jazz ''[[Jonny spielt auf]]''. En mai 1929, elle se rend en Europe pendant plusieurs mois, en s'amusant avec le produit de ses années de chant avec seulement quelques courtes pauses. Toutefois, elle perd sa fortune dans le [[Krach de 1929|Krach de Wall Street de 1929]].


Elle chante plusieurs autres premiers rôles, y compris Aelfrida dans ''The King's Henchman'' de [[Deems Taylor]], le {{date-|17 février 1927}} et la Mère Tyl dans  ''L'oiseau bleu'' de [[Albert Wolff (musicien)|Wolff]]. Elle est également en vedette dans de nombreuses premières américaines, dont ''La cena delle beffe'', ''[[Così fan tutte]]'' et ''[[Der Rosenkavalier]]''. Son répertoire comprend plus de 100 rôles en 4 langues. Elle apparaît avec [[Fédor Chaliapine|Chaliapine]], [[Basse (voix)|basse]] de grande renommée, et aussi avec le célèbre [[Enrico Caruso]] lors de sa dernière représentation, la veille de Noël [[1920 en musique classique|1920]], quand elle  joue Rachel, et lui Éléazar dans ''[[La Juive]]'' d'Halevy. En [[1926 en musique classique|1926]], elle gagne {{dollars|800}} pour chaque représentation de ''[[Turandot]]''. En [[1929 en musique classique|1929]], elle chante sa dernière création pour le Metropolitan, la mise en scène de l'opéra de jazz ''[[Jonny spielt auf]]''par [[Otto Hermann Kahn|Otto Kahn]]. En {{date-|mai 1929}}, elle se rend en Europe pendant plusieurs mois, en s'amusant avec le produit de ses années de chant avec seulement quelques courtes pauses. Toutefois, elle perd sa fortune dans le [[Krach de 1929|Krach de Wall Street de 1929]].
En quinze jours, entre le 3 et le 17 novembre 1927, elle chante le rôle de Maddalena, dans ''[[Andrea Chénier]]'', ''[[La Gioconda]]'', Rachel dans ''[[La Juive]]'', ''[[Madame Butterfly|Madama Butterfly]]'' et le Marschallin dans ''[[Der Rosenkavalier]]. Il'' est surprenant qu'elle puissent gérer tous et dans un laps de temps relativement court, il est étonnant que la réponse des critiques à presque tout soit élogieuse. A bien des égards, Easton a beaucoup en commun avec [[Lilli Lehmann]]. À force d'application, d'intelligence, de facilité musicale et de travail acharné, elle réussit à transformer une soprano lyrique légère en un instrument dramatique capable non seulement de grimper les hauteurs wagnériennes, mais avec l'endurance nécessaire pour rester là-haut du débit à la fin de la saison.


En quinze jours, entre le 3 et le {{date|17 novembre 1927|en musique classique}}, elle chante le rôle de Maddalena, dans ''[[La Gioconda]]'' d'[[Andrea Chénier]], Rachel dans ''[[La Juive]]'', ''[[Madame Butterfly]]'' et la Maréchale dans ''[[Der Rosenkavalier]]''. Il est surprenant qu'elle puisse gérer tout et dans un laps de temps relativement court, il est étonnant que les critiques soient élogieuses sur presque tout. À bien des égards, Easton a beaucoup de choses en commun avec [[Lilli Lehmann]]. À force d'application, d'intelligence, de facilité musicale et de travail acharné, elle réussit à transformer une [[soprano lyrique]] légère en un instrument dramatique capable non seulement de grimper les hauteurs wagnériennes, mais avec l'endurance nécessaire pour rester là-haut du début à la fin de la saison.
Florence Easton est célèbre pour sa capacité à prendre une partie inconnue à 8 heures du matin et de l'exécuter parfaitement dans le public, 12 heures plus tard. Souvent, elle est appelée au dernier moment pour remplacer certaines grandes soprano momentanément indisponibles. Elle chante sa première Isolde sans une seule répétition, appelée à le faire à l'heure dite. Dans le milieu de la saison 1929, sa mémoire tombe en panne, et elle demande à être libérée de son contrat. Elle annonce qu'elle ne va plus chanter, et se retire dans une maison à Hampstead, à Londres. Elle épouse Stanley Roberts, un banquier New-yorkais de la direction de la [[Celanese|Celanese Corporation of America]] et [[Baryton (voix)|baryton,]] en 1931.


Florence Easton est célèbre pour sa capacité à prendre une pièce inconnue à 8 heures du matin et à l'exécuter parfaitement devant le public, 12 heures plus tard<ref>{{Ouvrage|langue=en|titre=The Musical Monitor|éditeur=Mrs. David Allen Campbell, Publisher|date=1920|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=N3NFAQAAMAAJ&q=%22florence+easton%22+%22memory%22&dq=%22florence+easton%22+%22memory%22&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwjXv6Dy9v_oAhUdUhUIHTSZCroQ6AEIKDAA|consulté le=2021-04-13}}</ref>. Souvent, elle est appelée au dernier moment pour remplacer certaines grandes soprano momentanément indisponibles. Elle chante sa première Isolde sans une seule répétition, appelée à le faire à l'heure dite. Dans le courant de la saison [[1929 en musique classique|1929]], sa mémoire lui fait défaut, et elle demande à être libérée de son contrat<ref>{{Ouvrage|langue=en|titre=Opera News|éditeur=Metropolitan Opera Guild|date=1974|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=ivUEAAAAMAAJ&q=%22florence+easton%22+%22la+gioconda%22&dq=%22florence+easton%22+%22la+gioconda%22&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwjZ9Puv2__oAhVoSBUIHQk0DbYQ6AEIUDAF|consulté le=2021-04-13}}</ref>. Elle annonce qu'elle ne va plus chanter, et se retire dans une maison à [[Hampstead (Londres)|Hampstead]], à Londres. Elle épouse Stanley Roberts, un banquier New-yorkais de la direction de la [[Celanese|Celanese Corporation of America]] et [[Baryton (voix)|baryton]], en 1931.
L'année suivante, elle réapparaît et enregistre le ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'' "Brünhilde" avec [[Lauritz Melchior]] , à [[Royal Opera House|Covent Garden]]. Entre 1932 et 1935, elle vit en Angleterre, en chantant, à Covent Garden, [[Sadler's Wells Theatre|Sadler's Wells]] et au Promenade Concerts sous la direction de [[Henry Wood (chef d'orchestre)|Sir Henry Wood]], avec le [[Orchestre philharmonique de Londres|Philharmonique de Londres]] sous la direction de [[Thomas Beecham|Sir Thomas Beecham]] et avec l' [[British Broadcasting Corporation|Orchestre Symphonique de la BBC]] dans la première radio diffusion mondiale. Son accompagnateur régulier est Harold Craxton. À Covent Garden en 1932, elle joue Isolde dans ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'' en face de Lauritz Melchior, le seul moment où ils sont apparus ensemble. Elle est ''[[Tosca]]'', une improbable ''[[Carmen (opéra)|Carmen]]'', chante dans [[Felix Mendelssohn|Mendelssohn]]' ''[[Elias (oratorio)|Élie]]'' donne des récitals de lieder et de chansons. Finalement, elle quitte l'Angleterre, en 1935, elle trouve qu'elle a perdu pour la tournée de la nouvelle sensation, [[Kirsten Flagstad]], mais elle reste une grande admiratrice de la grande chanteuse norvégienne. Sa dernière apparition sur la scène de l'opéra est dans le rôle de Brünhilde dans ''[[la Walkyrie]]'' , à New York, le 28 février 1936.


L'année suivante, elle réapparaît et enregistre « Brünhilde » de ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'' avec [[Lauritz Melchior]], à [[Royal Opera House|Covent Garden]]. Entre 1932 et 1935, elle vit en Angleterre, en chantant, à [[Covent Garden]], au [[Sadler's Wells Theatre]] et au [[The Proms|Promenade Concerts]] sous la direction de [[Henry Wood (chef d'orchestre)|Sir Henry Wood]], avec l'[[Orchestre philharmonique de Londres]] sous la direction de [[Thomas Beecham|Sir Thomas Beecham]] et avec l'[[British Broadcasting Corporation|Orchestre Symphonique de la BBC]] dans la première [[radiodiffusion]] mondiale. Son accompagnateur régulier est [[Harold Craxton]]. À Covent Garden en [[1932 en musique classique|1932]], elle joue Isolde dans ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]'' en face de [[Lauritz Melchior]], le seul moment où ils sont apparus ensemble. Elle est ''[[Tosca]]'', une improbable ''[[Carmen (opéra)|Carmen]]'', chante dans ''[[Elias (oratorio)|Elias]]'' de [[Felix Mendelssohn|Mendelssohn]] donne des récitals de [[lieder]] et de chansons. Finalement, elle quitte l'Angleterre, en [[1935 en musique classique|1935]], elle trouve qu'elle a perdu face à la nouvelle sensation, [[Kirsten Flagstad]], mais elle reste une grande admiratrice de la grande chanteuse norvégienne. Sa dernière apparition sur la scène de l'opéra est dans le rôle de Brünhilde dans ''[[la Walkyrie]]'', à New York, le {{date|28 février 1936|en musique classique}}.
Dans une interview à New York en 1935, elle suggére que la raison de son absence au [[Metropolitan Opera]]: ''"C’était un accident lors d’une représentation de Carmen en Angleterre il y a un an qui m’a rendu indisponible pendant plusieurs mois l’an dernier. Déroulant les affres de la mort de Carmen, je me suis prise le talon dans la jupe de ma robe et je suis tombée directement sous le chemin rideau ,me tordant la colonne vertébrale. Le public n'avait pas la moindre idée que Carmen, apparemment sans vie, était presque sans vie - et en fait, je l'aurais été deux minutes plus tard si je n'avais pas gardé suffisamment de conscience pour sortir du rideau descendant avec environ une tonne de fer pesant sur ma tête. Cependant, toutes ces choses doivent être prises dans la foulée".''


Dans une interview à New York en 1935, elle suggère que la raison de son absence au [[Metropolitan Opera]] : {{Citation|C’était un accident lors d’une représentation de Carmen en Angleterre il y a un an qui m’a rendu indisponible pendant plusieurs mois l’an dernier. Déroulant les affres de la mort de Carmen, je me suis prise le talon dans la jupe de ma robe et je suis tombée directement sous le chemin rideau, me tordant la colonne vertébrale. Le public n'avait pas la moindre idée que Carmen, apparemment sans vie, était presque sans vie - et en fait, je l'aurais été deux minutes plus tard si je n'avais pas gardé suffisamment de conscience pour sortir du rideau descendant avec environ une tonne de fer pesant sur ma tête. Cependant, toutes ces choses doivent être prises dans la foulée}}<ref>{{Ouvrage|langue=en|prénom1=Victoria Etnier|nom1=Villamil|titre="O ma Carmen": Bizet's Fateful Gypsy in Portrayals from 1875 to the Present|éditeur=McFarland|date=2017-06-22|isbn=978-1-4766-6324-1|lire en ligne=https://books.google.co.uk/books?id=oW0pDwAAQBAJ&pg=PT97&dq=%22florence+easton%22+%22carmen%22&hl=en&sa=X&ved=0ahUKEwjB0K7T2__oAhUXShUIHU5SCQYQ6AEIKDAA|consulté le=2021-04-13}}</ref>.
Une fois, Florence Easton est engagée pour chanter le rôle-titre dans ''[[Madame Butterfly|Madama Butterfly]]'' à Washington, un lieu célèbre pour les lois sur le travail des enfants les plus strictes de toutes les villes du pays. 'Dolore', fils de Butterfly qui n'apparaît que dans le dernier acte, est toujours recruté localement, un habile metteur en scène produit un nain. Personne ne l'a dit à Mme Easton, de peur qu'elle soit un peu délicate. Il est de coutume pour les enfants jouant Dolore d'être introduit à la soprano au premier entracte pour l'habituer au costume et au maquillage japonais. Mme Easton  pose les trois questions traditionnelles:"Voudriez-vous aller à la salle de bain?" – "Non"."Voulez-vous du chocolat?" – "Non"."Quel âge avez-vous?" – "Quarante deux" s'exclame le petit garçon mais ce n'était rien comparer à la confusion d'Easton dans le dernier acte, quand elle le presse contre sa poitrine généreuse et qu'il ne veut pas se laisser aller ref1.

Une fois, Florence Easton est engagée pour chanter le rôle-titre dans ''[[Madame Butterfly]]'' à [[Washington (district de Columbia)|Washington]], un lieu célèbre pour les lois sur le travail des enfants les plus strictes de toutes les villes du pays. ''Dolore'', fils de ''{{Mme}} Butterfly'' qui n'apparaît que dans le dernier acte, est toujours recruté localement, un habile metteur en scène produit un nain. Personne ne l'a dit à {{Mme}} Easton, de peur qu'elle ne soit un peu délicate. Il est d'usage pour les enfants jouant ''Dolore'' d'être présentés à la soprano au premier entracte pour l'habituer au costume et au maquillage japonais.


=== Retraite et les dernières années ===
=== Retraite et les dernières années ===
Florence pris sa retraite de la scène en 1939; sa dernière apparition avec orchestre est en 1942, lors d'une émission où elle chante des extraits de ''[[Tristan und Isolde]]'' à l'aide de ses propres traductions en anglais. Ensuite, elle enseigne en privé et à la [[Juilliard School|Juilliard School of Music]], et a encore donné occasionnellement des récitals à New York. Sa dernière apparition est faite à l' hôtel de Ville de New York, lors d'un récital en 1943. À la fin de la seconde Guerre Mondiale, elle s'installe avec son mari à [[Montréal|Montréal, Québec]], Canada, et ils retournent à New York en 1950. Elle souffre de problèmes cardiaques et elle meurt le 13 août 1955, à Montréal, âgé de 72 ans.
Florence prend sa retraite de la scène en [[1939 en musique classique|1939]] ; sa dernière apparition avec orchestre est en [[1942 en musique classique|1942]], lors d'une émission où elle chante des extraits de ''[[Tristan und Isolde]]'' à l'aide de ses propres traductions en anglais. Ensuite, elle enseigne en privé et à la [[Juilliard School|Juilliard School of Music]]<ref name=":0" />, et donne encore occasionnellement des récitals à New York. Sa dernière apparition a lieu à l' hôtel de Ville de New York, lors d'un récital en [[1943 en musique classique|1943]]. À la fin de la [[Seconde Guerre mondiale]], elle s'installe avec son mari à [[Montréal|Montréal, Québec]], Canada, et ils retournent à New York en 1950. Elle souffre de problèmes cardiaques et meurt le {{date-|13 août 1955}}, à Montréal, âgée de 72 ans.


== Enregistrements ==
== Enregistrements ==
Florence Easton fait plus de 100 enregistrements dans les années 1920 et 1930. Elle enregistre pour [[Disques Odéon|l'Odéon]], Eoliennes-Vocalion et pour [[Brunswick Records|- Brunswick]], initialement des enregistrements acoustiques, mais ensuite électriques à partir de 1926. Elle a couvert l'opéra, [[Opérette|l'opérette]], les chants sacrés et les ballades populaires. Elle enregistre six éléments lyriques pour [[Edison Records|Edison]] (1927). L'un de ses plus importants enregistrements [[Richard Wagner|Wagnérien]] est fait pour [[HMV]] en 1932: la superbe "Brünhilde" de ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]''  en avec [[Lauritz Melchior]] ([[Royal Opera House|Covent Garden]], 1932) "Heil dir Sonne! Heil dir Licht!" (le meilleur enregistrement selon sa propre estimation).
Florence Easton fait plus de 100 enregistrements dans les [[années 1920]] et [[Années 1930|1930]]. Elle enregistre pour les disques [[Odeon (label)|Odeon]], Eoliennes-Vocalion Records et pour [[Brunswick Records]], initialement des enregistrements acoustiques, puis électriques à partir de 1926, qui couvrent l'opéra, l'[[opérette]], les chants sacrés et les ballades populaires. Elle enregistre six éléments lyriques pour [[Edison Records]] (1927). L'un de ses plus importants enregistrements [[Richard Wagner|wagnériens]] est fait pour [[HMV]] en 1932 : « Brünhilde » de ''[[Siegfried (opéra)|Siegfried]]''<ref name=":0" /> avec [[Lauritz Melchior]] ([[Royal Opera House|Covent Garden]], 1932) « Heil dir Sonne! Heil dir Licht! ». En 1933, [[HMV]] enregistre six faces avec des [[Lieder]] et des chansons pour [[RCA Records]], accompagné par [[Gerald Moore]].
En 1933, [[HMV]] enregistre six faces des Lieder et des chansons pour [[RCA Records|RCA Victor]], accompagné par [[Gerald Moore]].


Florence Easton peut être entendue chanter sur le volume 2 de ''[[The EMI Record of Singing]]''<ref>{{OCLC|nu=|34907309}}</ref>.
=== Discographie partielle ===


=== Discographie partielle ===
* Récital 1921-1942 (Arias et chansons de Wagner, Verdi, Bizet, Gounod, Rimski-Korsakov, Puccini, Haydn, Wolf, Dvorak, Brahms, R. Strauss, Schumann. Chansons populaires Américaines et allemandes)
* Récital 1921-1942 (Arias et chansons de Wagner, Verdi, Bizet, Gounod, Rimski-Korsakov, Puccini, Haydn, Wolf, Dvorak, Brahms, R. Strauss, Schumann. Chansons populaires Américaines et allemandes)
* Claremont – Florence Easton; Absolue Soprano (Enregistrements 1918-1933/1939/1940)
* Claremont – Florence Easton; Absolue Soprano (Enregistrements 1918-1933/1939/1940)
* Brunswick (label d'origine, re-diffusé à grande échelle par exemple par Marston & Symposum: Gianni Schicchi (Puccini) O mio babbino caro (Créatrice de l'enregistrement, qui, bien que magnifiquement chanté présente un des pires accents italiens des accents de n'importe quel grand chanteur dans l'enregistrement).
* Brunswick (label d'origine, re-diffusé à grande échelle par exemple par Marston & Symposum : Gianni Schicchi (Puccini) O mio babbino caro (Créatrice de l'enregistrement, qui, bien que magnifiquement chanté présente un des pires accents italiens des accents de n'importe quel grand chanteur dans l'enregistrement).
* Marston – Wagner, Der Ring des Nibelungen (Le "Pot de l'Anneau") Pearl – [[Lauritz Melchior]] Edition Vol. 5
* Marston – Wagner, Der Ring des Nibelungen (Le « Pot de l'Anneau ») Pearl – [[Lauritz Melchior]] Edition Vol. 5
* Enregistrements hors studio comprennent deux extraits du concert ''[[Le Crépuscule des dieux (opéra)|Götterdämmerung]]'' au Lewisohn Stadium et 14 éléments (principalement des Lieder) à partir d'un récital à la Juilliard School of Music (13 juillet 1939) – International Record Collectors Club.
* Enregistrements hors studio comprennent deux extraits du concert ''[[Le Crépuscule des dieux (opéra)|Götterdämmerung]]'' au Lewisohn Stadium et 14 éléments (principalement des Lieder) à partir d'un récital à la Juilliard School of Music ({{date-|13 juillet 1939}}) – International Record Collectors Club.
* Trois extraits de Tristan (deux avec Arthur Carron plus le Liebestod), suivie de la Celanese Hour broadcast (1942).
* Trois extraits de Tristan (deux avec Arthur Carron plus le Liebestod), suivie de la Celanese Hour broadcast (1942).
* RCA Victor 1705 - « My Laddie » - un enchanteur « Scotch love song » - avec des mots de la romanciee la Princesse Amélie Rives Troubetzkoy et de la musique de William Armour Thayer, un organiste de Brooklyn. Apparemment, publié en 1933.
* <br />
* RCA Victor 1705 - "My Laddie" - un enchanteur "Scotch love song" - avec des mots de la romanciee la Princesse Amélie Rives Troubetzkoy et de la musique de William Armour Thayer, un organiste de Brooklyn. Apparemment, publié en 1933.


Il y a deux enregistrements moins connus, réalisés par de [[Brunswick Records|- Brunswick]] dans les années 1920, quand elle était dans ses débuts:
Il y a deux enregistrements moins connus, réalisés par de [[Brunswick Records]] dans les [[années 1920]], quand elle était dans ses débuts :


* Laisse-moi... O nuit d'amour! avec Mario Chamlee (Marguerite de Gounod ''[[Faust (Gounod)|Faust]]'' - Brunswick 1927)
* Laisse-moi… O nuit d'amour ! avec Mario Chamlee (Marguerite de Gounod ''[[Faust (Gounod)|Faust]]'' - Brunswick 1927)
* Parigi o cara avec Mario Chamlee (Violetta [[Giuseppe Verdi|Verdi]]' ''[[La traviata]]'' - Brunswick 1927)
* Parigi o cara avec Mario Chamlee (Violetta [[Giuseppe Verdi|Verdi]]' ''[[La traviata]]'' - Brunswick 1927)
* Une compilation de 2 CD a été publié en 1997 par Claremont en Afrique du Sud (GSE 78-50-72/73) à partir de l'original disques en gomme-laque.
* Une compilation de 2 CD a été publié en 1997 par Claremont en [[Afrique du Sud]] (GSE 78-50-72/73) à partir de l'original disques en gomme-laque.

==Références et notes ==
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== Notes et références ==
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=== Notes ===
=== Notes ===
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=== Références ===
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=== Références ===
== Sources ==
* Francis Robinson, livret qui accompagne l'album du {{date-|19 janvier 1946}}, diffusion de ''Madama Butterfly'' au Met.
{{Références|colonnes = 2}}
* K. J. Kutsch, Leo Riemens, ''[[Großes Sängerlexikon]]'', Unveränderte Auflage. K. G. Saur, Bern, 1993, Erster Band A–L, Sp. 1794/1795, {{ISBN|3-907820-70-3}}


== Liens externes ==
== Liens externes ==
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{{Autres projets|wikisource=|commons=Category: Florence Easton}}
* {{Autorité}}
{{Liens}}
* [http://www.cantabile-subito.de/Sopranos/Easton__Florence/hauptteil_easton__florence.html Cantabile-Subito : Easton, Florence] – les Grands Chanteurs du Passé. Notes biographiques (extrait de la brochure de Claremont Records).
* {{Bases musique}}
* [http://www.cantabile-subito.de/Sopranos/Easton__Florence/hauptteil_easton__florence.html Cantabile-Subito: Easton, Florence] – les Grands Chanteurs du Passé. Notes biographiques (extrait de la brochure de Claremont Enregistrements).
* [http://www.collectionscanada.ca/gramophone/m2-1088-e.html Florence Easton, Soprano (1882-1955)] – Le Gramophone Virtuel, [[Bibliothèque et Archives Canada]].
* [http://www.collectionscanada.ca/gramophone/m2-1088-e.html Florence Easton, Soprano (1882-1955)] – Le Gramophone Virtuel, [[Bibliothèque et Archives Canada]].
*{{YouTube|9RyM34Fzp-o|''O Mio Babbino Caro '', Gianni Schicchi, 1918}}
* Francis Robinson, le Livret qui accompagne l'album du 19 janvier 1946 diffusion de ''Madama Butterfly'' de le Rencontré.


{{Portail|musique classique|opéra|Angleterre}}
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[[Catégorie:Naissance en octobre 1882]]

[[Catégorie:Naissance en 1882]]
[[Catégorie:Naissance à Middlesbrough]]
[[Catégorie:Décès en 1955]]
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[[Catégorie:Décès à 72 ans]]
[[Catégorie:Soprano britannique]]
[[Catégorie:Chanteuse britannique d'opéra]]

Dernière version du 12 décembre 2023 à 13:00

Florence Easton
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activité
Conjoint
Francis Maclennan (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Tessiture

Florence Gertrude Easton[N 1] ([N 2]) est une soprano britannique du début du 20e siècle, connue professionnellement comme « Le Rossignol de South Bank »[1]. Elle a été l'une des chanteuses les plus polyvalentes de tous les temps. Elle a chanté un vaste répertoire de plus de 100 pièces, couvrant un large éventail de styles et d'époques, Mozart, Meyerbeer, Gounod, Verdi, Wagner, Puccini, Strauss, Schreker et Krenek. Elle a chanté pratiquement chaque partie de soprano, grandes ou petites, de Wagner, comme Senta ou Brünhilde du Crépuscule des dieux notamment[2].

Elle se décrit comme une soprano lyrique dramatique, ce qui semble à peine adéquat eu égard aux types de rôles dans lesquels elle excellait. Sa grande réputation internationale, principalement en Allemagne et en Amérique du Nord, a été presque unique pour une chanteuse britannique de cette époque. Elle pouvait passer facilement toutes les étapes, de coloratura légère à « Hochdramatische », du romantisme féminin au puissant drame wagnérien et straussien. La voix pouvait être légère et aérienne, doucement mélancolique ou intensément passionnée. L'implication dans le caractère du rôle était totale. J. B. Steane (en) a suggéré que « Cette grande force était aussi, étrangement, une source de faiblesse. Elle a chanté tellement de rôles qu'elle ne s'est jamais vraiment identifiée à aucun de ceux-ci »[3]. Malgré sa diction italienne souvent suspecte, elle fut choisie par Puccini pour créer Lauretta dans son opéra de 1917 Gianni Schicchi

Il n'y a pas de lien entre Florence Easton et le chanteur Robert Easton, né en 1898 à Sunderland.

Florence Easton est la fille aînée de John Thomas Easton et d'Isabella Yarrow, et la nièce de Fletcher Easton, elle est née le au 52 Napier Street, South Bank, Middlesbrough[1]. Ses parents quittent l'Angleterre quand elle a 5 ans et s'installent avec Florence (Flossie) et son jeune frère à Toronto, en Ontario, au Canada. Flossie chante dans le chœur de l'église méthodiste de Parkdale, où son père est maître de chapelle et sa mère organiste[4]. Son talent musical est devenu évident dans sa petite enfance et elle a pris des leçons de piano, d'orgue et de chant avec JDA Tripp et M. Harrison. Elle apparaît en public au piano à 8 ans.

Elle a dit « J'ai commencé en tant que pianiste et je n'avais pas l'idée de chanter, encore moins de l'opéra, lorsque j'ai commencé l'étude de la musique ». Florence est l'une des premières femmes à être nommée membre de la Royal Academy of Music le .

Quand sa mère meurt en 1899, Florence retourne avec son père à Middlesbrough, où celui-ci rejoint un partenariat dans une entreprise de vente de fruits en gros avec William Henry Easton, son père et Fletcher Easton, son frère. Une collecte à Middlesbrough recueille assez d'argent pour elle aller étudier pendant un an à la Royal Academy of Music de Londres. Elle perd son argent le premier jour dans la capitale et son père doit trouver des fonds de remplacement. Elle commence en mai 1900 a étudié le chant pendant un an. Le recensement de 1901 la montre en tant qu'étudiante de 18 ans à la Royal Academy of Music, vivant à Hendon, Middlesex, dans le Middlesex.

En 1901, elle se rend à Paris pour étudier le chant avec Elliott Haslam, un ami de son père[4].

Carrière professionnelle

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Florence est déterminée, et fait ses débuts à l'opéra dans le rôle du berger dans Tannhäuser à Newcastle upon Tyne en 1903 avec la Moody-Manners Opera Company de Charles Manners (bass) (en). Le premier soir de la saison à Covent Garden, elle chante Stephano dans Roméo et Juliette. Son premier rôle important à Royal Opera House à Covent Garden est Arline dans The Bohemian Girl de Balfe, puis elle obtient le succès en 1903, dans Madame Butterfly[5].

Florence s'est mariée deux fois ; en , elle épouse Francis Maclennan (de) (1873-1935), un ténor américain de la Moody-Manners Opera Company[4]. Elle fait ses débuts américains, dans le rôle de Gilda dans Rigoletto à Baltimore avec l'English Grand Opera Company de Henry Wilson Savage (en) en novembre 1905, et elle chante un certain nombre de rôles avec cette compagnie aux États-Unis et au Canada au cours des deux années suivantes. En 1905, Maclennan tient le rôle-titre de Parsifal dans la tournée américaine de Henry W. Savage. et Florence abandonne sa carrière de chanteuse pour s'installer en Amérique. Ils ont un fils en 1906 et une fille, Wilhelmina, en 1912 ; ils divorcent en 1928. Wilhelmina est morte lors de l'épidémie de grippe espagnole de 1919.

Son premier succès notable en Amérique vient lors de la saison 1906-1907, dans le rôle de Cio-Cio-San dans la première en anglais de Madame Butterfly. Sa représentation du est la deuxième aux États-Unis, suivant celle d'Elsa Szamosy de seulement douze jours. Florence détient le record mondial avec plus de trois cents apparitions dans Madame Butterfly, son rôle préféré.

De 1907 à 1913, elle et son mari Francis Maclennan sont membres de la troupe du Staatsoper Unter den Linden de Berlin, chantant de nombreux rôles d'une grande variété. Elle doit apprendre le rôle de Marguerite en allemand dans un délai de 10 jours, suivi par l'apprentissage et l'exécution de la partie de Aida dans un délai de 48 heures, sans répétition. Elle reçoit immédiatement un contrat de cinq ans. Ils deviennent d'excellents amis de l'empereur Guillaume II. Florence est dirigée par Richard Strauss pour le rôle-titre de la version anglaise d'Elektra à Londres, première à Covent Garden en 1910. Après la saison 1912-13; les Maclennan rejoignent l'Opéra de Hambourg Stadtische, et elle chante avec Enrico Caruso en 1913[6].

En 1915-16, le couple fait des tournées en Amérique où Florence apparaît dans une représentation unique comme Brünhilde dans Siegfried, réalisant un grand succès populaire et auprès des critiques. En raison de la guerre, il est trop risqué de retourner en Allemagne, ils restent aux États-Unis, et deviennent membres de la troupe Chicago Opera Association où elle fait ses débuts dans Siegfried. Elle reste avec la compagnie de Chicago pendant deux saisons, devenant l'une des sopranos wagnériennes les plus connues aux États-Unis. Elle chante avec la Society of American Singers, à New York en 1916. En 1917, elle rejoint Le Metropolitan Opera de New York, et  fait ses débuts, le , dans le rôle de Santuzza dans Cavalleria Rusticana. Elle reste au Met 12 saisons, chantant 41 pièces et environ 295 représentations. Pendant cette période à New York, Easton étudie avec Anna Schoen-René (de)[4], une élève de Pauline Viardot-Garcia et Manuel García[7].

Florence Easton dans « Saint Elizabeth ». Photographie de Herman Mishkin

C'est son interprétation du rôle de Sainte Elisabeth dans la mise en scène de la version de Die Legende von der heiligen Elisabeth de Liszt, en 1918, qui la met au premier rang des étoiles du Metropolitan Opera.

Florence Easton dans le rôle de Lauretta à la première mondiale de Gianni Schicchi, 14 décembre 1918.

Giacomo Puccini écrit un trio d'opéras nommé Il trittico composé de Il tabarro, Suor Angelica et Gianni Schicchi. Florence créé le rôle de Lauretta à la première mondiale de Gianni Schicchi, le au Metropolitan Opera de New York; elle est la première à chanter le célèbre air « O mio babbino caro » (« O Mon bien-Aimé Papa »). Puccini ne peut se rendre à New York pour la première, le directeur général du Met Giulio Gatti-Casazza envoie un télégramme à Puccini, après l'exécution de la Trittico :

« Très heureux d'annoncer le complet succès authentique du Trittico. À la fin de chaque opéra, de longues manifestations très sincères, plus de quarante chauds rappels. En dépit de l'avis public interdisant les rappels, l'aria de Lauretta étaient répété. Force principale Moranzoni magnifique. Farrar, Muzio, Easton, De Luca, Montesanto (it), Didur chanteurs et acteurs incomparables. La presse quotidienne confirme le succès en s'exprimant très favorablement sur la valeur des opéras pour Schicchi ».

Elle chante plusieurs autres premiers rôles, y compris Aelfrida dans The King's Henchman de Deems Taylor, le et la Mère Tyl dans  L'oiseau bleu de Wolff. Elle est également en vedette dans de nombreuses premières américaines, dont La cena delle beffe, Così fan tutte et Der Rosenkavalier. Son répertoire comprend plus de 100 rôles en 4 langues. Elle apparaît avec Chaliapine, basse de grande renommée, et aussi avec le célèbre Enrico Caruso lors de sa dernière représentation, la veille de Noël 1920, quand elle  joue Rachel, et lui Éléazar dans La Juive d'Halevy. En 1926, elle gagne 800 $ pour chaque représentation de Turandot. En 1929, elle chante sa dernière création pour le Metropolitan, la mise en scène de l'opéra de jazz Jonny spielt aufpar Otto Kahn. En , elle se rend en Europe pendant plusieurs mois, en s'amusant avec le produit de ses années de chant avec seulement quelques courtes pauses. Toutefois, elle perd sa fortune dans le Krach de Wall Street de 1929.

En quinze jours, entre le 3 et le , elle chante le rôle de Maddalena, dans La Gioconda d'Andrea Chénier, Rachel dans La Juive, Madame Butterfly et la Maréchale dans Der Rosenkavalier. Il est surprenant qu'elle puisse gérer tout et dans un laps de temps relativement court, il est étonnant que les critiques soient élogieuses sur presque tout. À bien des égards, Easton a beaucoup de choses en commun avec Lilli Lehmann. À force d'application, d'intelligence, de facilité musicale et de travail acharné, elle réussit à transformer une soprano lyrique légère en un instrument dramatique capable non seulement de grimper les hauteurs wagnériennes, mais avec l'endurance nécessaire pour rester là-haut du début à la fin de la saison.

Florence Easton est célèbre pour sa capacité à prendre une pièce inconnue à 8 heures du matin et à l'exécuter parfaitement devant le public, 12 heures plus tard[8]. Souvent, elle est appelée au dernier moment pour remplacer certaines grandes soprano momentanément indisponibles. Elle chante sa première Isolde sans une seule répétition, appelée à le faire à l'heure dite. Dans le courant de la saison 1929, sa mémoire lui fait défaut, et elle demande à être libérée de son contrat[9]. Elle annonce qu'elle ne va plus chanter, et se retire dans une maison à Hampstead, à Londres. Elle épouse Stanley Roberts, un banquier New-yorkais de la direction de la Celanese Corporation of America et baryton, en 1931.

L'année suivante, elle réapparaît et enregistre « Brünhilde » de Siegfried avec Lauritz Melchior, à Covent Garden. Entre 1932 et 1935, elle vit en Angleterre, en chantant, à Covent Garden, au Sadler's Wells Theatre et au Promenade Concerts sous la direction de Sir Henry Wood, avec l'Orchestre philharmonique de Londres sous la direction de Sir Thomas Beecham et avec l'Orchestre Symphonique de la BBC dans la première radiodiffusion mondiale. Son accompagnateur régulier est Harold Craxton. À Covent Garden en 1932, elle joue Isolde dans Siegfried en face de Lauritz Melchior, le seul moment où ils sont apparus ensemble. Elle est Tosca, une improbable Carmen, chante dans Elias de Mendelssohn donne des récitals de lieder et de chansons. Finalement, elle quitte l'Angleterre, en 1935, elle trouve qu'elle a perdu face à la nouvelle sensation, Kirsten Flagstad, mais elle reste une grande admiratrice de la grande chanteuse norvégienne. Sa dernière apparition sur la scène de l'opéra est dans le rôle de Brünhilde dans la Walkyrie, à New York, le .

Dans une interview à New York en 1935, elle suggère que la raison de son absence au Metropolitan Opera : « C’était un accident lors d’une représentation de Carmen en Angleterre il y a un an qui m’a rendu indisponible pendant plusieurs mois l’an dernier. Déroulant les affres de la mort de Carmen, je me suis prise le talon dans la jupe de ma robe et je suis tombée directement sous le chemin rideau, me tordant la colonne vertébrale. Le public n'avait pas la moindre idée que Carmen, apparemment sans vie, était presque sans vie - et en fait, je l'aurais été deux minutes plus tard si je n'avais pas gardé suffisamment de conscience pour sortir du rideau descendant avec environ une tonne de fer pesant sur ma tête. Cependant, toutes ces choses doivent être prises dans la foulée »[10].

Une fois, Florence Easton est engagée pour chanter le rôle-titre dans Madame Butterfly à Washington, un lieu célèbre pour les lois sur le travail des enfants les plus strictes de toutes les villes du pays. Dolore, fils de Mme Butterfly qui n'apparaît que dans le dernier acte, est toujours recruté localement, un habile metteur en scène produit un nain. Personne ne l'a dit à Mme Easton, de peur qu'elle ne soit un peu délicate. Il est d'usage pour les enfants jouant Dolore d'être présentés à la soprano au premier entracte pour l'habituer au costume et au maquillage japonais.

Retraite et les dernières années

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Florence prend sa retraite de la scène en 1939 ; sa dernière apparition avec orchestre est en 1942, lors d'une émission où elle chante des extraits de Tristan und Isolde à l'aide de ses propres traductions en anglais. Ensuite, elle enseigne en privé et à la Juilliard School of Music[4], et donne encore occasionnellement des récitals à New York. Sa dernière apparition a lieu à l' hôtel de Ville de New York, lors d'un récital en 1943. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle s'installe avec son mari à Montréal, Québec, Canada, et ils retournent à New York en 1950. Elle souffre de problèmes cardiaques et meurt le , à Montréal, âgée de 72 ans.

Enregistrements

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Florence Easton fait plus de 100 enregistrements dans les années 1920 et 1930. Elle enregistre pour les disques Odeon, Eoliennes-Vocalion Records et pour Brunswick Records, initialement des enregistrements acoustiques, puis électriques à partir de 1926, qui couvrent l'opéra, l'opérette, les chants sacrés et les ballades populaires. Elle enregistre six éléments lyriques pour Edison Records (1927). L'un de ses plus importants enregistrements wagnériens est fait pour HMV en 1932 : « Brünhilde » de Siegfried[4] avec Lauritz Melchior (Covent Garden, 1932) « Heil dir Sonne! Heil dir Licht! ». En 1933, HMV enregistre six faces avec des Lieder et des chansons pour RCA Records, accompagné par Gerald Moore.

Florence Easton peut être entendue chanter sur le volume 2 de The EMI Record of Singing[11].

Discographie partielle

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  • Récital 1921-1942 (Arias et chansons de Wagner, Verdi, Bizet, Gounod, Rimski-Korsakov, Puccini, Haydn, Wolf, Dvorak, Brahms, R. Strauss, Schumann. Chansons populaires Américaines et allemandes)
  • Claremont – Florence Easton; Absolue Soprano (Enregistrements 1918-1933/1939/1940)
  • Brunswick (label d'origine, re-diffusé à grande échelle par exemple par Marston & Symposum : Gianni Schicchi (Puccini) O mio babbino caro (Créatrice de l'enregistrement, qui, bien que magnifiquement chanté présente un des pires accents italiens des accents de n'importe quel grand chanteur dans l'enregistrement).
  • Marston – Wagner, Der Ring des Nibelungen (Le « Pot de l'Anneau ») Pearl – Lauritz Melchior Edition Vol. 5
  • Enregistrements hors studio comprennent deux extraits du concert Götterdämmerung au Lewisohn Stadium et 14 éléments (principalement des Lieder) à partir d'un récital à la Juilliard School of Music () – International Record Collectors Club.
  • Trois extraits de Tristan (deux avec Arthur Carron plus le Liebestod), suivie de la Celanese Hour broadcast (1942).
  • RCA Victor 1705 - « My Laddie » - un enchanteur « Scotch love song » - avec des mots de la romanciee la Princesse Amélie Rives Troubetzkoy et de la musique de William Armour Thayer, un organiste de Brooklyn. Apparemment, publié en 1933.

Il y a deux enregistrements moins connus, réalisés par de Brunswick Records dans les années 1920, quand elle était dans ses débuts :

  • Laisse-moi… O nuit d'amour ! avec Mario Chamlee (Marguerite de Gounod Faust - Brunswick 1927)
  • Parigi o cara avec Mario Chamlee (Violetta Verdi' La traviata - Brunswick 1927)
  • Une compilation de 2 CD a été publié en 1997 par Claremont en Afrique du Sud (GSE 78-50-72/73) à partir de l'original disques en gomme-laque.

Notes et références

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  1. Ne pas confondre avec la soprano Florence Easton (1890s soprano) (en), chanteuse et actrice britannique qui a chanté avec la D'Oyly Carte ◊ Company au début des années 1890.
  2. De nombreuses biographies indiquent 1884 comme date de naissance incorrecte

Références

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  1. a et b (en-US) admin9480, « Florence Easton 1882-1955 », sur ArsLyrica.fr, (consulté le )
  2. (en) Harriette Brower, Vocal Mastery: Talks with Master Singers and Teachers, Comprising Interviews with Caruso, Farrar, Maurel, Lehmann, and Others, Good Press, (lire en ligne)
  3. (en) « Florence Easton », sur Opera-Arias.com (consulté le )
  4. a b c d e et f « Florence Easton | The Canadian Encyclopedia », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le )
  5. (en) Harriette Brower et James Francis Cooke, Great Singers on the Art of Singing, Courier Corporation, (ISBN 978-0-486-29190-1, lire en ligne)
  6. (en) Michael Scott, The Great Caruso, Knopf, (ISBN 978-0-394-53681-1, lire en ligne)
  7. (en) Musical Courier, Sept 1, 1921: 37.
  8. (en) The Musical Monitor, Mrs. David Allen Campbell, Publisher, (lire en ligne)
  9. (en) Opera News, Metropolitan Opera Guild, (lire en ligne)
  10. (en) Victoria Etnier Villamil, "O ma Carmen": Bizet's Fateful Gypsy in Portrayals from 1875 to the Present, McFarland, (ISBN 978-1-4766-6324-1, lire en ligne)
  11. OCLC 34907309
  • Francis Robinson, livret qui accompagne l'album du , diffusion de Madama Butterfly au Met.
  • K. J. Kutsch, Leo Riemens, Großes Sängerlexikon, Unveränderte Auflage. K. G. Saur, Bern, 1993, Erster Band A–L, Sp. 1794/1795, (ISBN 3-907820-70-3)

Liens externes

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